Ismail Kadaré – Monologue du solitaire

Ismail KadaréJe m’élève et m’éloigne mais n’en éprouve aucune jouissance.
Me voici seul et j’ai encore plus froid.
Je m’en doutais, mais ma fatale impatience
Me pressait vers ce ciel ingrat.

Comme ramassés à la morgue, des bras de femmes sans vie
Me dispensent une joie tout aussi glacée.
Je me sens en hiver, même si nous voici déjà en avril.
J’ai froid,
Oh, j’ai froid.

*

Monologu i te vetmuarit

Tani une ngjitem lart dhe s’kam asnje gezim.
Ketu ku kam arritur me ftohte eshte, me vetmi.
E dija kete, por padurimi i vdekur
Me shtynte te shpejtoj te ky sinor i kote.

Krahe grash te thyera mbi supe si te prera nga nje morg
Me japin nje gezim po aq te vdekur.
Me duket ende dimer ndonese esht prill.
Kam ftohte.
Kam ftohte.

Avril 1989.

***

Ismail Kadaré (né en 1936 à Gjirokastër, Albanie)Oeuvres complètes, tome 11 (Fayard, 2002)

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~ par schabrieres sur avril 1, 2017.

2 Réponses to “Ismail Kadaré – Monologue du solitaire”

  1. AUSSI POIGNANT QU’UN STALACTITE.

    Aimé par 1 personne

  2. APRIL is the cruellest month
    ts eliot

    J'aime

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