Erika Burkart – Nœud

Un bec a happé l’amiral,
meurtri les ailes et le corps. Mort,
le décoré, un papillon,
le ruban rouge brille encore.

Sur l’oiseau,
le chat a jeté son grappin.
Déposé sur le seuil nourricier,
il refroidit sans réconfort, s’éteignent
la tension et l’éclat
dans le bleu nuit des plumes.
Regarde :
le masque d’oiseau de la mort,
reconnu par Bosch et Dürer.

Désemparés
face à l’expulsion quotidienne
(liquidation planétaire par la mort)
nous qui n’oublions pas, nous tombons dans l’oubli,
un nœud de vie,
dénoué d’un coup de lame.

*

Knoten

Ein Schnabel schnappte den Admiral,
versehrte Flügel und Leib. Tot
der Ordensträger, ein Falter,
noch leuchtet das rote Band.

Den Vogel hat
die Katze gekapert.
Deponiert auf der Schwelle ihres Ernährers,
erkaltet er ohne Zuspruch, ermatten
Spannung und Glanz
im Nachtblau der Federn.
Sieh da:
die Vogelmaske des Todes,
erkannt von Dürer und Bosch.

Fassungslos
gegenüber dem täglichen Abschub
(globale Räumung durch Tod)
vergessen wir nicht, gehn vergessen,
ein Knoten von Leben,
ihn löst der Schnitt.

***

Erika Burkart (Aarau, Suisse, 8 février 1922 – Muri, Suisse, 14 avril 2010)Langsamer Satz/Mouvement lent (Éditions d’en bas, 2008) – Traduit de l’allemand par Marion Graf

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~ par schabrieres sur avril 21, 2017.

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