Tristan Cabral – Enfance

Il y a eu du sang au fond de mon enfance
Et des hommes en gris qui défilent en cadence ;
Des hommes et des femmes qui avancent vers l’horreur
Et un enfant tout seul sous la neige et qui pleure…

Au camp d’extermination du Struthof, en Alsace, en 1943, en France !

***

Tristan Cabral (né en 1944 à Arcachon)Si vaste d’être seul (Cherche-midi, 2013)

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~ par schabrieres sur avril 28, 2017.

4 Réponses to “Tristan Cabral – Enfance”

  1. Merci pour ces magnifiques textes que vous me faites découvrir, qui me font voyager dans la pensée du poète.Cordialement

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  2. « La lecture des deux tomes compacts du livre de Joachim Fest* sur Hitler ressuscite tout à coup si brutalement l’ancien cauchemar que je n’ai pu me résoudre à sortir ce soir pour aller au théâtre, comme j’en étais convenu ; je suis resté rencoigné chez moi, l’esprit flasque et frileux comme un linge mouillé, le cerveau assiégé du volètement des larves et des lémures. J’avais vingt ans quand l’ombre d’un mancenillier commença de s’allonger sur nous, c’est cette année là que le nazisme explosa et projeta d’un coup cent-dix députés au Reichtag. La signification du fait – c’est bien rare – fut comprise et évaluée sur le champ, et son aura immédiatement perceptible à presque tout le monde. La montée de l’orage dura des années, un orage si intolérablement lent à crever, tellement pesant, tellement livide à la fois et tellement sombre, que les cervelles s’hébétaient animalement et qu’on pressentait qu’une telle nue d’apocalypse ne pouvait plus se résoudre en grêle, mais seulement en pluie de sang. »

    Julien Gracq, En lisant et en écrivant

    *Joachim Fest, historien et journaliste allemand. Parmi ses ouvrages: Le Führer, Histoire de la résistance allemande, Les derniers jours d’Hitler

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  3. … et en pluie de crapauds. « 

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  4. Quelle fulgurance dans ces quelques mots qui éclaboussent dans l’horreur la plus totale. Un grand merci pour ce partage 🙂

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