Anouar Imran – Courrier blême

Ici, on se porte bien
les secours, Dieu merci, nous suffisent
la couleur bleue des lacs nous suffit

On peut économiser chaque année 500 dollars

et l’envoyer à nos proches pour qu’ils achètent du blé
Comme vous le savez, nos champs ont brûlé.
– en règle générale, en temps de guerre, l’asile nourrit la patrie –

Ici, on se porte très bien
nous marchons lentement sur les routes étrangères,

on sourit aux passants
on a appris à dire « bonjour » dans leurs langues
on a appris à dire « merci »

Le soir
lorsqu’on s’abrite dans nos maisons étroites
un oiseau salé traverse notre sang :

il chante en notre langue des vieux Mawals

alors on pleure
en enlaçant nos oreillers.

Au fait ! la neige a fondu !

enfin, le printemps est arrivé !
et nous nous portons bien

ici aussi, la couleur verte nous suffit
pour contempler notre vie avec le calme d’un philosophe
avec la patience d’une épine.

***

Anouar Imran (né le 24 mai 1972 à Homs, Syrie) – Traduit de l’arabe par Ghada Laghzaoui et Xavier Frandon

Enregistrer

Enregistrer

Publicités

~ par schabrieres sur mai 12, 2017.

3 Réponses to “Anouar Imran – Courrier blême”

  1. merci pour ce poème , je me suis permis de le mettre sur ma page Facebook , en citant votre blog bien sûr .

    Aimé par 1 personne

  2. A reblogué ceci sur Boycottet a ajouté:
    il chante en notre langue des vieux Mawals …

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s

 
Ricardo Blanco's Blog

Reflections on the mutable universe

Digo.palabra.txt

Literatura para generaciones pixeladas

AFROpoésie

Le site des poésies africaines

La Labyrinthèque

Histoire de l'art jouissive & enchantements littéraires

Je pleure sans raison que je pourrais vous dire

« Je pleure sans raison que je pourrais vous dire, c'est comme une peine qui me traverse, il faut bien que quelqu'un pleure, c'est comme si c'était moi. » M. D.

verseando

algunos poemas y otros textos

Traversées, revue littéraire

Poésies, études, nouvelles, chroniques

Le Carnet et les Instants

Revue des Lettres belges francophones

Borntobeanomad

The world is your home.

Manolis

Greek Canadian Author

Littérature portes ouvertes

Littérature contemporaine, poésie française, recherche littéraire...

%d blogueurs aiment cette page :