J.M. Machado De Assis – Un vieux pays

Il est un vieux pays, plein d’ombre et de lumière,
Où l’on rêve le jour, où l’on pleure le soir ;
Un pays de blasphème, autant que de prière,
Né pour le doute et pour l’espoir.

On n’y voit point de fleurs sans un ver qui les ronge,
Point de mer sans tempête, ou de soleil sans nuit ;
Le bonheur y paraît quelquefois dans un songe
Entre les bras du sombre ennui.

L’amour y va souvent, mais c’est tout un délire,
Un désespoir sans fin, une énigme sans mot ;
Parfois il rit gaîment, mais de cet affreux rire
Qui n’est peut-être qu’un sanglot.

On va dans ce pays de misère et d’ivresse,
Mais on le voit à peine, on en sort, on a peur ;
Je l’habite pourtant, j’y passe ma jeunesse…
Hélas ! ce pays, c’est mon cœur.

***

J.M. Machado De Assis (Rio de Janeiro, Brésil 1839-1908)Falenas (1870)

Publicités

~ par schabrieres sur juin 19, 2017.

Une Réponse to “J.M. Machado De Assis – Un vieux pays”

  1. A reblogué ceci sur Boycott.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
Littérature portes ouvertes

Littérature contemporaine, poésie française, recherche littéraire...

The Manchester Review

The Manchester Review

Les Exercices

poésie / traduction / critique \\ par Pierre Vinclair

fragm

secousse sismique travaillant l’épaisseur d’une lentille de cristal, cette fin du monde de poche s’exprimait tout entière dans la syllabe fragm, identique de “diaphragme” à “fragment”, comme une paillette pierreuse qu’on retrouve pareille à elle-même dans des roches de structures diverses mais dont les éléments principaux, de l’une à l’autre, demeurent constants (Michel Leiris)

Outlaw Poetry

Even when Death inhabits a poem, he does not own it. He is a squatter. In fact, Death owns nothing. - Todd Moore

Locus Solus: The New York School of Poets

News, links, resources, and commentary on poets and artists of the New York School

Encres désancrées --- Carla Lucarelli

Carnets décousus, Ecriture, Lectures, humeurs, élucubrations, travaux en cours, Images aimées, prises ou empruntées

Bonheur des yeux et du palais

sur le fil des jours

Bareknuckle Poet

Journal of Letters

Vallejo & Co.

literatura y más

Revista Conexos

Una revista de arte y literatura, sin fronteras generacionales ni geográficas

Laurent DOMERGUE

Sculpture sur bois

Words for the Year

"you are not alone," the poem said, in the dark tunnel. ~Louise Glück

%d blogueurs aiment cette page :