Lucian Blaga – Tête inclinée

Je m’incite à être
et je suis encore un instant.
Quelque part dans les champs
expire mon frère le vent.

L’automne saigne
sur le flâneur ancien.
Parmi les ombres allongées
je remets à plus tard mon destin.

Un vol d’oiseaux s’étire
vers je ne sais quelle fin.
Comme un cierge qui vacille
un arbre s’est éteint.

Sur la fontaine j’ai incliné
mes paroles et mes pensées.
Le ciel a ouvert
un œil dans la terre.

*

Cap aplecat

Mă îndemn să fiu
şi o clipă mai sânt.
Undeva pe câmp
a murit fratele vânt.

Toamna sângerează
peste un mers bătrân.
Printre umbre prelungi
rostul mi-amân.

Spre nu ştiu ce sfârşit
un zbor s-a întins.
Cu pâlpâit de sfeşnic
un copac s-a stins.

În fântână mi-aplec
gând şi cuvânt.
Ceru-şi deschide
un ochi în pământ.

***

Lucian Blaga (1895-1961)Eloge du sommeil (Lauda somnului, 1929) – L’étoile la plus triste (Orphée/La Différence, 1997) – Traduit du roumain par Sanda Stolojan.

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~ par schabrieres sur septembre 8, 2017.

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