Emil Botta – Pillage

Je vois par la longue-vue la berge et les chaumières.
Mais où est la mer que maudissaient les pêcheurs
et l’ouragan fou, ivre de victoires ?

Le noyé a pris la mer dans ses bras,
l’a enroulée dans l’ouragan comme en un châle de soie
et s’en est allé sous des astres plus heureux.

Je vois l’arbre et ses branches sensibles, cajoleuses
et j’entends chanter les tourterelles.
Mais où est la nuit, où les étoiles précieuses ?

Le pendu a porté la nuit sur ses épaules,
il s’est rempli les poches de joyaux froids
et il a détalé comme un lévrier, tirant la langue parmi les cieux.

*

Jaf

Văd prin ochean malul şi colibele.
Dar unde-i marea pe care o blestemau pescuitorii
şi uraganul nebun, îmbătat de victorii?

Înecatul a cuprins marea în braţe,
a înfăşurat-o în uragan ca-ntr-un şal de mătase
şi s-a tot dus sub zodii mai norocoase.

Văd copacul cu ramuri atente, dezmierdătoare
şi aud cîntînd turturele.
Dar unde e noaptea şi unde sînt preţioasele stele?

Spînzuratul a luat noaptea pe umeri,
a îndopat buzunarul cu recile juvaeruri
şi a tulit-o ca un ogar cu limba scoasă prin ceruri.

***

Emil Botta (1911-1977)L’aurore me trouvera les bras croisés (Hochroth, Paris, 2013) – Traduit du roumain par Nicolas Cavaillès

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~ par schabrieres sur septembre 9, 2017.

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