Sergueï Essénine – La porte azurée du jour…

La porte azurée du jour
Ouvre-là, gardien céleste.
Cette nuit un ange blanc
A volé mon cheval leste.

Ce cheval c’est ma puissance.
Mais pour Dieu rien qu’un poids mort.
Je l’entend hennir, plaintif,
En mordant sa chaîne d’or.

Je le vois qui se débat,
Et, comme chu de la lune,
Son poil isabelle vole
Et se suspend dans la brume.

*

Отвори мне, страж заоблачный,
Голубые двери дня.
Белый ангел этой полночью
Моего увел коня.

Богу лишнего не надобно,
Конь мой — мощь моя и крепь.
Слышу я, как ржет он жалобно,
Закусив златую цепь.

Вижу, как он бьется, мечется,
Теребя тугой аркан,
И летит с него, как с месяца,
Шерсть буланая в туман.

*
Open before me, O my guardian angel,
the day’s blue gates.
Yesterday at midnight, a white angel
took my horse from me.

God doesn’t need him –
my horse, my power and strength.
I hear his pathetic whinny,
as he champs his golden bit.

I see him struggling and flailing,
tugging at his tight halter,
his dark hair flying into the mist,
as if from the moon.

1917

***

Sergueï Essénine (1895-1925)L’homme noir (Circé, 2005) – Traduit du russe par Henri Abril

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~ par schabrieres sur octobre 17, 2017.

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