Fernando Pessoa – Impasse du Parle-Tout-Seul…

Impasse du Parle-Tout-Seul
J’ai parlé avec une autre
« personne »
Elle est bien bonne !

Oui mais l’autre, c’était moi,
Parce que cela est arrivé
Impasse du Parle-Tout-Seul…

Mais alors que faut-il faire
De cette parole sans parole
De ce dire sans dire ?
Rien ; car la vie est une meule
Qui moud l’absence de blé
Et que je n’ai parlé qu’à moi-même
Impasse du Parle-Tout-Seul.

***

Fernando Pessoa (1888-1935)Lisbonne revisitée (Chandeigne, 2017) – Traduit du portugais par Michel Chandeigne.

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~ par schabrieres sur novembre 13, 2017.

4 Réponses to “Fernando Pessoa – Impasse du Parle-Tout-Seul…”

  1. Non non .. Partager toutes ces Paroles Co-liées sur Peau Aime 😉
    Merci pour toutes ces perles que .. je stocke .. en attente (200 ??!)
    Arbrelettres tsunamisé de Poésies!
    Belle journée collègue Passeur!
    Christian

    Aimé par 1 personne

  2. A reblogué ceci sur Raimanet.

    J'aime

  3. J’aurais bien aimé rencontré Pessoa. Je lui aurais demandé : êtes-vous vivant ? Avez-vous touché, du monde et de vous-même, le fond commun, le socle miraculeux, Dieu mais pure lumière sans dogme aucun ? Mais le mot est tellement cabossé par les hommes, que je regrette de l’avoir écrit. Ou n’en parlez-vous, comme les autres, que par défaut : l’art a ses raisons qui peuvent être très obscures, et les imitations nombreuses ? Votre méditation de la vie semble bien liée à l’intimité jumelle éprouvée de « moi et moi », consonance, résonance du Seul multiplié des échos innombrables de son chant. Comme il y a autant de chants que de personnes ayant réalisée cette vérité pure, non conventionnelle, il n’y a pas de programme, et chacun s’accorde à une musique sans écriture, pour la révéler dans sa chair bien au-delà des seuls mots.
    Mais êtiez-vous vivant ? Les imitations sont tellement nombreuses de cette épreuve de vie secrète dont nul récit ne décrit la richesse et l’immensité, et qui libère en ouvrant à une bienheureuse solitude nourrie de présences innombrables. Quand il y a abandon complet de soi, de toute forme de solipsisme, on naît à une vie nouvelle d’amour et de lumière, témoin boiteux, ô combien fragile, mi grotesque mi admirable mais fidèle quoiqu’il en soit, de l’unique miracle, inouï, en je en chacun et en jeu dans le monde : combien de poètes – et de romanciers et d’artistes en tous genres -, au contraire, sont de fausses lumières, pris au piège d’une violence d’ignorance, de pulsions incomprises, ne faisant que flatter les passions, doutes, souffrances, les leurs et celles de leurs semblables ? A Nicanor Parra, découvert dernièrement, je poserais si je le pouvais la question aussi. (Re)né d’un infarctus radieux et devenu bateleur à proximité du miracle pour y attirer l’attention de ses semblables ? Ou simple agitateur, peut-être relativement sincère mais relativement seulement…

    Aimé par 1 personne

  4. Tout s’effondre au poème. C’est d’une tristesse terrible même si elle n’est pas dite …

    Aimé par 1 personne

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