Rainer Maria Rilke – Les trépidants nous sommes…

Les trépidants nous sommes.
Mais chaque pas du temps,
prenez-le juste comme
un rien dans le constant.

Tout cela qui se presse
sera du passé. Mais ici-
même, seul ce qui reste
vraiment nous initie.

Ne jetez point vos hardiesses
Ô jeunes gens dans la vitesse,
ni dans l’envol l’essai de vivre.

Tout repose en sérénité,
l’obscur, la clarté,
la fleur et le livre.

*

Wir sind die Treibenden.
Aber den Schritt der Zeit,
nehmt ihn als Kleinigkeit
im immer Bleibenden.

Alles das Eilende
wird schon vorüber sein ;
denn das Verweilende
erst weiht uns ein.

Knaben, o werft den Mut
nicht in die Schnelligkeit,
nicht in den Flugversuch.

Alles ist ausgeruht :
Dunkel und Helligkeit,
Blume und Buch.

***

Rainer Maria Rilke (1875-1926)Sonnets à Orphée: Edition bilingue (Orizons, 2012) – Traduit de l’allemand par Charles Dobzynski.

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~ par schabrieres sur janvier 15, 2018.

3 Réponses to “Rainer Maria Rilke – Les trépidants nous sommes…”

  1. Cette traduction de Dobzynski est bien meilleure que celles de Guerne ou de Regnault, bien que (ou parce que) comptée et rimée comme dans l’original… Juste une coquille dans le premier est : Wir sind die TREIBENDEN (manque le r).

    Aimé par 1 personne

  2. Lire : dans le premier vers

    Aimé par 1 personne

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