Tommaso Landolfi – J’espère m’éloigner sous peu…

J’espère m’éloigner sous peu :
D’abord sur une planète,
De là sur l’orbite solaire,
De là encore sur une orbite galactique,
Et encore encore, sur l’orbite
Où courent des essaims de galaxies ;
Puis me perdre dans des nébuleuses inconnues.
Loin, bien sûr, mais pas au point
Que ne me joignent plus ta main
Et ton humide langue.

*

Spero tra poco lontanare:
Dapprima su una planetaria,
Indi su un’orbita solare,
Indi ancora su un’orbita galattica,
E ancora ancora, sull’orbita
Che corrono gli sciami di galassie;
E perdermi tra ignote nebulose.
Lontano certo, ma non tanto
Che non mi giunga la tua mano
E l’umida tua lingua.

***

Tommaso Landolfi (1908-1979)Il tradimento (1977) – La trahison précédé de Viole de mort (Orphée/La Différence, 1991) – Traduit de l’italien par Monique Bacelli.

~ par schabrieres sur février 12, 2018.

3 Réponses to “Tommaso Landolfi – J’espère m’éloigner sous peu…”

  1. Bien que l’issue n’est pas la même, voilà qui me rappelle un sonnet que j’ai fais récemment ;

    Le blues du cosmonaute

    Une fois en orbite, les hôtes d’une sonde
    Contemplent la terre des larmes dans les yeux,
    Tous les deux ressentent les mêmes bonnes ondes,
    Ils sont si enchantés qu’ils croient toucher les cieux.

    D’ici ils ne voient pas les souffrances du monde,
    Sa face enténébrée, son côté nébuleux ;
    La beauté est cause d’une amnésie profonde
    De ce qui n’est pas rose au sol de l’astre bleu.

    Mais quelques temps après cet élan de tendresse,
    Ces conquérants modernes éprouvent de l’ennui,
    L’un d’eux montre même des signes de détresse.

    Six semaines plus tard, alors au fond du puits,
    L’homme réalise une mission funèbre,
    Il sort de la station pour gagner les ténèbres.

    Aimé par 1 personne

    • Beau sonnet cosmique.

      J'aime

      • Merci.

        Je l’ai fait à la manière de Cochonfusius, en reprenant les terminaisons de celui-ci de Rollinat (1846-1903)

        LES ÉTOILES BLEUES

        Au creux de mon abîme où se perd toute sonde,
        Maintenant, jour et nuit, je vois luire deux yeux,
        Amoureux élixirs de la flamme et de l’onde,
        Reflets changeants du spleen et de l’azur des cieux.

        Ils sont trop singuliers pour être de ce monde,
        Et pourtant ces yeux fiers, tristes et nébuleux,
        Sans cesse en me dardant leur lumière profonde
        Exhalent des regards qui sont des baisers bleus.

        Rien ne vaut pour mon cœur ces yeux pleins de tendresse
        Uniquement chargés d’abreuver mes ennuis :
        Lampes de ma douleur, phares de ma détresse,

        Les yeux qui sont pour moi l’étoile au fond d’un puits,
        Adorables falots mystiques et funèbres
        Zébrant d’éclairs divins la poix de mes ténèbres.

        Aimé par 2 personnes

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