Roque Dalton – Comme toi

Comme toi,
j’aime l’amour, la vie, le doux enchantement
des choses, le paysage
céleste des jours de janvier.

Aussi, mon sang bout
et mes yeux rient
qui ont connu le jaillissement des larmes.

Je crois que le monde est beau,
que la poésie est comme le pain, pour tous.

Et que mes veines ne finissent pas en moi
mais dans le sang unanime
de ceux qui luttent pour la vie,
l’amour,
les choses,
le paysage et le pain,
la poésie pour tous.

*

Yo, como tú,
amo el amor, la vida, el dulce encanto
de las cosas, el paisaje
celeste de los días de enero.

También mi sangre bulle
y río por los ojos
que han conocido el brote de las lágrimas.

Creo que el mundo es bello,
que la poesía es como el pan, de todos.

Y que mis venas no terminan en mí
sino en la sangre unánime
de los que luchan por la vida,
el amor,
las cosas,
el paisaje y el pan,
la poesía de todos.

*

Like you I
love love, life, the sweet smell
of things, the sky-
blue landscape of January days.

And my blood boils up
and I laugh through eyes
that have known the buds of tears.
I believe the world is beautiful
and that poetry, like bread, is for everyone.

And that my veins don’t end in me
but in the unanimous blood
of those who struggle for life,
love,
little things,
landscape and bread,
the poetry of everyone.

***

Roque Dalton (1935-1975) – Traduit par ? – Poemas Clandestinos/Clandestine Poems (Curbstone, 1995) – Translated by Jack Hirschman.

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~ par schabrieres sur mars 14, 2018.

2 Réponses to “Roque Dalton – Comme toi”

  1. Regain

    Les oiseaux ont repris leurs concerts matinaux,
    L’hiver se termine, le printemps se profile
    Enfin à l’horizon. Bientôt la chlorophylle
    Verdira de nouveau les perchoirs à moineaux.

    Cannes et canetons iront sur les canaux
    La mère au devant, les enfants à la file,
    Pendant que sur leurs bords, quelques bibliophiles
    Liront avidement Regain de Jean Giono ;

    Un village du Sud meurt dans l’indifférence,
    Jusqu’à ce qu’un couple lui redonnent espérance ;
    Il laboure les champs, attend un héritier.

    La vie semble toujours renaître de ses cendres,
    Nous qui devrons un jour dans la terre descendre,
    Chérissons les bourgeons sur les arbres fruitiers.

    Aimé par 1 personne

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