Manuel Alegre – Le poète

Quand un homme se met à marcher
il laisse un peu de lui en chemin.
Il est entier au départ épars à l’arrivée
Le reste demeure toujours en chemin
quand un homme se met à marcher.

Il reste toujours en chemin un souvenir
il reste toujours en chemin un peu plus
de ce qu’il avait au départ ou lui reste à l’arrivée.
Il reste un homme qui ne revient jamais plus
quand un homme se met à marcher.

*

O poeta

Quando um homem se põe a caminhar
deixa um pouco de si pelo caminho.
Vai inteiro ao partir repartido ao chegar.
O resto fica sempre no caminho
quando um homem se põe a caminhar.

Fica sempre no caminho um recordar
fica sempre no caminho um pouco mais
do que tinha ao partir do que tem ao chegar.
Fica um homem que não volta nunca mais
quando um homem se põe a caminhar.

***

Manuel Alegre (Águeda, Portugal, 1936)Um Barco para Ítaca (1971)Anthologie de la poésie portugaise contemporaine, 1935-2000 (Gallimard, 2003) – Traduit du portugais par Michel Chandeigne.

Publicités

~ par schabrieres sur mai 19, 2018.

Une Réponse to “Manuel Alegre – Le poète”

  1. Bon jour,
    Très justement écrit.
    Merci pour ce partage.
    Max-Louis

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

 
Reading in Translation

Translations reviewed by translators

Diabolus In Musica

Lossless Classical Resources

Ricardo Blanco's Blog

Reflections on the mutable universe

Digo.palabra.txt

Literatura para generaciones pixeladas

AFROpoésie

Le site des poésies africaines

La Labyrinthèque

Histoire de l'art jouissive & enchantements littéraires

Je pleure sans raison que je pourrais vous dire

« Je pleure sans raison que je pourrais vous dire, c'est comme une peine qui me traverse, il faut bien que quelqu'un pleure, c'est comme si c'était moi. » M. D.

verseando

algunos poemas y otros textos

Traversées, revue littéraire

Poésies, études, nouvelles, chroniques

Le Carnet et les Instants

Revue des Lettres belges francophones

Borntobeanomad

The world is your home.

%d blogueurs aiment cette page :