Steinn Steinarr – Chanson ancienne sur le printemps

Bats doucement, ô mon cœur
et ne crains pas les sombres ténèbres.
Dans le soleil et la vive clarté
le printemps va de nouveau t’apparaître.
Et le parfum des roses rouges
va monter des tombes des morts.
La misère des faibles et des indigents
va céder devant tout cela.

Par la clarté des longs jours
il est doux d’aller son chemin
soleil et printemps sur les joues
dans cette éclatante douceur.
Alors s’élèvent des tréfonds
l’herbe des prés et les buissons.
Celle qui t’aima une fois,
t’aime de nouveau, peut-être.

*

Gömul vísa um vorið

Ó, sláðu hægt mitt hjarta
og hræðstu ei myrkrið svarta.
Með sól og birtu bjarta
þér birtist vor á ný.
Og angan rósa rauðra,
mun rísa af gröfum dauðra.
Og vesæld veikra og snauðra
mun víkja fyrir því.

Um daga ljósa og langa
er ljúft sinn veg að ganga
með sól og vor um vanga
og veðrin björt og hlý.
Þá rís af gömlum grunni
hvert gras í túni og runni.
Hún, sem þér eitt sinn unni,
elskar þig kannske á ný.

***

Steinn Steinarr (1908-1958)Traces dans le sable (Spor í sandi, 1940)Le temps et l’eau (Actes Sud, 1984) – Traduit de l’islandais par Régis Boyer.

~ par schabrieres sur mai 20, 2018.

2 Réponses to “Steinn Steinarr – Chanson ancienne sur le printemps”

  1. C’est très souvent que les poèmes nous annoncent un au-delà radieux, il n’y a pas que les poèmes d’ailleurs, les textes sacrés aussi, à ma connaissance, vu le peu de temps que l’on passe sur terre, quand bien même on est centenaire au regard du temps qu’on n’y passe pas, il vaut mieux que dans cet ailleurs ça sente la rose plutôt que la putréfaction.

    J’ai justement écrit hier une petite histoire qui parle non pas d’un parfum de roses rouges qui émane de la tombe d’un mort mais d’une douce chanson (après l’olfaction, l’audition).

    Aucun regret

    Elle s’est enduite d’une crème solaire
    Qui chasse également les culex voletants
    Tout on long du ruisseau qui dévale en chantant
    Le flanc de la montagne où repose sa mère.

    Quand elle lui fit part de son cancer, tremblèrent
    Toutes ses fondations, si solides pourtant,
    Du moins le croyait-elle à presque quarante ans.
    Elle était secouée et quelque peu amère ;

    On l’avait prévenue qu’à fumer à ce point,
    Un jour apparaitrait sur ses poumons des points,
    Mais ça ne semblait pas atteindre ses oreilles.

    Enfin devant sa tombe, elle tait tous ses sons,
    Car elle croit entendre une douce chanson,
    Fredonnée de sa voix à nulle autre pareille.

    Je me rend bien compte que les rimes sont un peu à l’arrache, pour ma défense, je me suis imposé comme contrainte d’utiliser les mots qui terminent les vers d’un sonnet de Cochonfusius. Il le fait lui-même avec des poèmes d’auteurs classiques. L’original est superbe ;

    Nef du charpentier

    Ici, nous n’avons pas la nef d’un dieu solaire ;
    Mais un ange discret la suit en voletant.
    Même, elle est accueillie par des poissons chantants,
    Celle qui tient la barre est une jeune mère.

    Les délicates fleurs, en la voyant, tremblèrent
    De joie pour le présent, d’inquiétude pourtant
    Quant à ce que vivrait cet enfant dans trente ans ;
    Les fleurs le savent bien, la vie peut être amère.

    Un récit d’autrefois nous instruit sur ce point :
    Vous le savez par coeur, nous n’insisterons point,
    Ce témoignage écrit d’une vie nonpareille.

    La nef glisse sur l’eau sans émettre aucun son ;
    Le fils du charpentier murmure une chanson,
    Passant près d’un jardin, pour bénir une treille.

    https://paysdepoesie.wordpress.com/2018/05/18/nef-du-charpentier/

    Peut-être a t’il procédé aussi avec cette contrainte pour celui-ci, ces derniers temps il le faisait systématiquement. peut-être a t’il oublié de le mentionner.

    Ah, Cochonfusius ! C’est sur ce blog que j’ai fais sa connaissance d’ailleurs, comme celle de Thomas Vinau, deux poètes vivants, et je l’espère pour longtemps encore, la santé du premier, à lire ses poèmes, ne semble pas au top ces temps-ci, le second pète à l’air de péter la forme, il est en vadrouille quasiment tous les week-end pour défendre son dernier livre, Le camp des autres, il est par exemple à Saint Malo aujourd’hui, je le sais parce qu’il y donne rendez-vous sur son blog. Une de ses derniers textes tiens, comme ça la boucle sera bouclée :

    Après le déluge

    Après le déluge le soleil brillait trop. Par dessus les ruines étincelantes, le ciel était bleu comme un gyrophare des urgences qui ne viendrait sauver personne.

    http://etc-iste.blogspot.fr

    Tiens ! Qu’est ce que je disais en introduction, les poètes et l’au-delà… J’aime beaucoup le coup du gyrophare.

    Peut m’importe que les poèmes soit écrite en vers classiques ou libres pourvu que l’on sorte de leur lecture avec l’impression qu’un ami vient de nous serrer dans se bras.

    Aimé par 1 personne

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