Vladimir Holan – Dès lors de nouveau

Quand mes vers demeuraient incompris même d’un ami
(tout comme il est des êtres qui ne pourraient tuer
même s’ils le voulaient),
quand dès lors tout à fait abandonné je me livrais au désespoir
(et je sais des statues qui s’épouvantèrent
à la vue des péchés jusqu’à devenir de bois),
et même quand s’offrait plus à moi que le suicide,
je sentais encore ceci : devenir rien,
mais détruire même ce rien !

Et dès lors de nouveau j’aimais…

*

Už zase

I když mým veršům mnohdy nerozuměl ani přítel
(jakože jsou bytosti, které nemohou zabít,
i kdyby chtěly),
i když jsem si už zoufal, naprosto opuštěný
(jakože jsou některé sochy, které se zděsily
lidských hříchů, takže zdřevěněly),
i když se mi nabízela už jen sebevražda,
já vždycky ještě cítil ono: stát se ničím,
ale zničit i to nic!

Už jsem zas miloval…

***

Once More

Even though a friend often failed to understand my verses
(there are beings who cannot kill
for all their wanting)
though in despair and desolate
(some statues were so appalled
by the sins of men that they turned to wood)
though suicide alone looked my way,
Ialways had the same feeling: to become nothing,
and yet to destroy that nothingness!

Once more I was in love…

***

Vladimir Holan (1905-1980) – Bolest (1965) – Douleur (Métropolis, 1994) – Traduit du tchèque par Dominique Grandmont – Selected Poems (Penguin, 1971) – Translated by Jarmila Milner and Ian Milner.

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~ par schabrieres sur mai 28, 2018.

3 Réponses to “Vladimir Holan – Dès lors de nouveau”

  1. Très intéressant Merci à vous pour ce partage

    Aimé par 2 personnes

  2. Il faut détruire les voies
    qui conduisent
    à l’être,

    y compris
    celles qui conduisent
    à la destruction de ces voies.

    (François Jacqmin — « Traité de la poussière » )

    Aimé par 2 personnes

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