Paul Celan – Ressac

Heure, tu voles parmi les dunes.

Le temps de sable fin chante dans mes bras :
je suis couché contre lui, un couteau dans la main droite.

Moutonne, la vague ! Surgis sans crainte, poisson !
Avec de l’eau, on peut vivre une fois encore,
à l’unisson avec la mort, le monde, l’invoquer encore de nos chants,
appeler encore depuis le chemin creux : voyez,
nous sommes à l’abri,
voyez, la terre était à nous, voyez,
comme nous avons barré chemin à l’étoile !

*

Brandung

Du, Stunde, flügelst in den Dünen.

Die Zeit, aus feinem Sande, singt in meinen Armen :
ich lieg bei ihr, ein Messer in der Rechten.

So schäume, Welle ! Fisch, trau dich hervor !
Wo Wasser ist, kann man noch einmal leben,
noch einmal mit dem Tod im Chor die Welt herübersingen,
noch einmal aus dem Hohlweg rufen : Seht,
wir sind geborgen,
seht, das Land war unser, seht,
wie wir dem Stern den Weg vertraten !

***

Paul Celan (1920-1970)Mohn und Gedächtnis (1952)Pavot et mémoire (Christian Bourgois, 1987) – Traduit de l’allemand par Valérie Briet.

Publicités

~ par schabrieres sur juin 9, 2018.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

 
Reading in Translation

Translations reviewed by translators

Diabolus In Musica

Lossless Classical Resources

Ricardo Blanco's Blog

Reflections on the mutable universe

Digo.palabra.txt

Literatura para generaciones pixeladas

AFROpoésie

Le site des poésies africaines

La Labyrinthèque

Histoire de l'art jouissive & enchantements littéraires

Je pleure sans raison que je pourrais vous dire

« Je pleure sans raison que je pourrais vous dire, c'est comme une peine qui me traverse, il faut bien que quelqu'un pleure, c'est comme si c'était moi. » M. D.

verseando

algunos poemas y otros textos

Traversées, revue littéraire

Poésies, études, nouvelles, chroniques

Le Carnet et les Instants

Revue des Lettres belges francophones

Borntobeanomad

The world is your home.

%d blogueurs aiment cette page :