Laura Riding – Au-delà

La douleur est impossible à décrire
La douleur est l’impossibilité même de décrire
De décrire ce qui est impossible à décrire
Qui est donc au-delà de toute description
Au-delà de toute connaissance
Au-delà mais sans être un mystère
Sans être un mystère ni la douleur même
Mais au-delà de la douleur et au-delà encore

*

Beyond

Pain is impossible to describe
Pain is the impossibility of describing
Describing what is impossible to describe
Which must be a thing beyond description
Beyond description not to be known
Beyond knowing but not mystery
Not mystery but pain not plain but pain
But pain beyond but here beyond

***

Laura Riding (1901-1991)Selected Poems (Faber, 1970) – Traduit de l’anglais (américain) par Alain Suied.

~ par schabrieres sur janvier 17, 2020.

4 Réponses to “Laura Riding – Au-delà”

  1. Incroyable force de ces mots…
    Merci de nous les faire connaître.

    Aimé par 1 personne

  2. Des années que j’attends une copieuse traduction de Laura Riding. Voici trois poèmes tirés du livre qui m’a fait découvrir sa voix (« L’Art de la faim », excellent recueil d’articles de Paul Auster, principalement sur la poésie, et devenu au fil du temps ivre de chevet aussi bien qu’anthologie de poche) :

    Nous devons mieux apprendre
    Ce que nous sommes et ne sommes pas.
    Nous ne sommes pas le vent.
    Nous ne sommes pas chacune de ces humeurs vagabondes
    Qui poussent nos pensées à de vertigineux déracinements.
    Nous devons mieux comprendre
    Ce qui nous sépare des inconnus.
    Il y a beaucoup de choses que nous ne sommes pas.
    Beaucoup qui n’existent pas.
    Beaucoup que nous ne devons pas être.

    *

    Tu as fait semblant de voir.
    J’ai fait semblant que tu voyais.
    Ainsi sommes-nous arrivés, par ces regards –
    Dans le mystère, à un langage.

    *

    Les roses sont boutons, et belles,
    Un pétale incliné vers l’aventure.
    Les roses sont épanouies, tous pétales offerts,
    Beauté, puissance confondues.
    Les roses sont fanées, surprises par la vie,
    La mort précoce sur leur visage.
    Alors vient la halte, et la chute, et la fin.
    Mais nul ne dit : « Une rose est morte. »
    Or les hommes meurent : on le dit, on le voit.
    Car l’homme est une longue et tardive aventure.
    Son éclosion est un élan,
    Sa plénitude, un autre,
    Son déclin est renaissance,
    Sa mort est fin brutale
    De folles ambitions.
    Pas de larmes pour la rose
    Qui s’est élancée avant le départ.
    Pas d’autre miséricorde pour l’homme
    Que sa volonté accomplie.
    La miséricorde de la vérité – c’est d’être la vérité.

    Aimé par 2 personnes

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