Paul Vallée – Je suis…

À C.

Je suis le secret éventé des sources
Empoisonnées depuis l’Origine
Je suis la transparence
Qui a trompé le fantôme du Christ
Un soir d’errance
Je suis la hache du Retour
Démembrant le corps du Ressuscité
Je suis la question
À laquelle midi ne répondra jamais
Je suis le fossoyeur des langues mortes
Exhumant les secrets de la vie admirable
Je suis l’antépénultième dans la phrase
Que l’Homme ne prononcera jamais
Je suis le couperet
Tombant sur les décrets
Des vieilles hérésies
Sur les têtes blanches
De la compromission infernale
Je suis la jugulaire qu’on ne tranchera jamais
Faute de preuves adverses
Je suis le nombre d’or
À jamais décompté
Je suis le médicament des démons capricieux
Que l’on fait fondre sous les langues de feu
Je suis la rage étendue de toute dissidence
Dans le cercle de la vie enclose
Je suis la nuit nulle prospérant sans aide
Des auxiliaires de la nuit inventive
Je suis le tunnel de l’azur accompli
Sous la terre son bolide de feu
Propulsé par de toutes jeunes démences
Je suis la combustion lente des Écritures
Sur la table plane du Rêve
Je suis le maillon faible de l’interminable chaîne
Des causes perdues
Qui jamais ne se rallie
Au grand Incommunicable
Je suis la planche de salut vermoulu
Flottant sur les eaux
De la rumeur répandue
Je suis le soubassement de mort dynamité
De la maison inconnue
Je suis dans le temps indéterminé
D’une folie raisonnante
La main détroussant les cadavres glorieux
Qui s’épanouissent grâce aux silences honteux
Je suis la dernière métastase du cancer de Dieu
Proliférant dans les os des saints déterrés
Je suis l’Incréé
Accrédité par les planètes lointaines
Je suis la tête qui ne sera jamais rapportée
Flottant dans l’éther de la subversion assumée
Je suis le fantôme retourné
L’agent de la Grâce perdue
Recruté par de très anciennes intelligences
Je suis le feu des grandes répudiations
Alimentant le brasier géant
Où brûlent les millions de corps
Des anges déchus
Je suis le sablier
Retrouvé parmi les objets perdus du Temps
Je suis le couteau dans la plaie de la vie refermée
Je suis l’incendiaire de la maison de la folie
Échappant aux flammes glacées de la Raison mortelle
Je suis le tueur de la seconde perdue
Le grand négateur des éternités minuscules
Établies dans les principautés du Temps
Je suis l’assassin sans mobile ni victime
Le témoin sanguinaire à la barre du néant
Je suis ce que vous ne serez jamais
Je suis le sang de la vie promise
Sur la page déchirée
Du Grand livre des absences motivées

***

Paul Vallée (Ayer’s Cliff 1970-2002)Autodestruction

~ par schabrieres sur juillet 7, 2020.

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