Christian Erwin Andersen – Ma vie est une équation…

•décembre 8, 2018 • 2 commentaires

Ma vie est une équation
sans inconnue

une monstruosité
mathématique
un délire
euclidien

à tout bien considérer
il eût mieux valu
que je l’ignore

je croyais que
comme toutes les vies
elle avait eu un commencement
et qu’elle aurait une fin

mais voilà que
je me mets à douter
et ça remet tout
en question
je croyais
qu’il y avait une inconnue
et il n’y en a pas

ma vie est une abomination
Mathématique
une traîne d’étoiles rouges
au cou d’un théorème noir

***

Christian Erwin Andersen (né en 1944 à Charleroi) – La défenestration des Anges (Les Voleurs de Feu, 2011) – Avant-dire de Marcel Moreau et préface de Yann Orveillon.

Découvert sur Danger poésie

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Daniel Biga – Beauté perdue

•décembre 7, 2018 • 3 commentaires

Je mangerai la terre et les racines
j’avancerai sur le ventre lombric humain
j’ai une telle faim des éléments du Simple
la vie du siècle m’écrase
la ville moderne me déchire

aujourd’hui partout où je vais c’est

dans la beauté perdue

j’ai vu disparaître les rivières leurs sources et des fleuves même
rivages quais parcs profonds et tant de jardins subtils
allés promenades hameaux villages

quartiers entiers

j’ai vu se bétonner des plaines des collines rasées
les voitures s’y gare sur l’Ombre animale des chevaux disparus

la brutalité des hommes est hénaurme !

pourtant
parfois
la tendresse d’un homme seul m’éblouit encore

***

Daniel Biga (né en 1940 à Nice)Stations du chemin (Le Dé bleu, 1990)

Découvert ici

Hughes Richard – Oui pourquoi sommes-nous là encore…

•décembre 6, 2018 • Laisser un commentaire

Oui pourquoi sommes-nous là encore
Nous qui n’avions que l’éphémère
Pour passeport ?

***

Hughes Richard (né en 1934 à Lamboing, Suisse)A toi seule je dis oui (Empreintes, 2001)

Tristan Sautier – Il y a ici…

•décembre 5, 2018 • Un commentaire

il y a (ici) :

le terrain vague, le lac,
moi du côté lame du couteau,
Charles Bukowski avec qui
boire, rire et désespérer dans
la folie la plus quotidienne,
le sac des morts à porter,
de longs vents d’inconsistance,
d’oubli de soi, de bonheur ( ?)
et un visage qui saigne, qui saigne,
qui n’en finit pas de saigner…

***

Tristan Sautier (né en 1966 à Montegnée, Belgique)Ode pour rire à Charles Bukowski (Tétras Lyre, 1995)

Jacques Vandenschrick – D’où je viens ne m’est rien

•décembre 4, 2018 • Laisser un commentaire

D’où je viens ne m’est rien.
Je possède si peu
De ce qui sert à vivre.
Mon corps est né dans l’absence
Ni geste ni langue
N’ont aveuglé en lui le grand secret
Des solitudes
Je marche à sa rencontre nue
Sans le parapet des ombres fausses
A l’entour du regard
Je sais comment me dépouiller
Avec la foudre du silence

***

Jacques Vandenschrick (né à Bruxelles en 1943)Avec l’écarté (Cheyne, 1995)

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Julien Torma – Vous ne m’avez pas compris…

•décembre 3, 2018 • 3 commentaires

Vous ne m’avez pas compris
Ne vous en excusez pas.

Je parlais la langue des Sages
et les abeilles divines
se posaient sur mes lèvres.

Je parlais la langue des poètes
et la cime des arbres
s’inclinait en cadence.

Je parlais la langue des saints
et Dieu lui-même faisait taire
les choeurs angéliques pour m’ouïr.

Mon erreur était grande
Puisque vous ne m’avez pas compris :

J’aurais du émettre
simplement les sons qui suscitent l’amour.

***

Julien Torma (1902-1933)Non lieu, Écrits définitivement incomplets (Collège de Pataphysique, 2003)

François Jacqmin – La neige est partout…

•décembre 2, 2018 • 5 commentaires

La neige est partout, et sa douceur désespère
les orateurs sacrés.
Il n’est plus un seul lieu où l’on puisse
placer une métaphore.
Son art
est si pur qu’il n’engendre pas la souffrance
d’une conviction.
L’ouïe est son verbe. C’est dans le clocher sans fin
de sa blancheur
que tintent mes plus beaux sous-entendus.

*

The snow is everywhere, and its softness drives
the sacred orators to despair.
There is no longer a single spot for you
to place a metaphor.
Its art
is so pure that it begets not the pain
of a conviction.
The hearing is its word. It is in the endless belfry
of its whiteness
that my finest understatements ring out.

***

François Jacqmin (1929-1992)Le livre de la neige (La Différence, 1990) – The Book of the Snow (Arc Publications, 2010) – Translated by Philip Mosley.

 
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