Hussein Bin Hamza – Poèmes

•juillet 11, 2019 • Laisser un commentaire

Je veux que tu viennes la nuit
À minuit

Tu peux venir
Aussi la journée

Mais si tu ne peux pas
Je t’implore
Cependant

De venir !

**

Ton corps
Épuisé par la vie maritale
Continue
À faire tourner les têtes.

**

Ne gaspille pas ton temps avec Lorca et Neruda
Certes, ils conviennent en toutes circonstances

Mais sois compatissante avec moi
Lis-moi
Car sans toi
Je ne sers à rien

**

Le ciel est brumeux

Il honore
Ton chagrin.

**

Ma main
Parce que tu l’as embrassée
Vivra plus longtemps que moi.

**

Nous le savons tous
Tu possèdes deux ailes
Mais tu préfères marcher parmi nous

***

Hussein Bin Hamza (né à Al-Hassaka, Syrie, en 1963) – Poète et critique littéraire syrien. Vit à Hanovre/ Allemagne. Traduction: Ghada Laghzaoui, Xavier Frandon.

Muriel Rukeyser – La route

•juillet 10, 2019 • 2 commentaires

Voici des routes à prendre quand tu penses à ton pays
et que, pris d’intérêt, tu ressors tes cartes,
appelles le statisticien, interroges l’ami cher,

lis les journaux avec l’appétit du matin.
Ou quand tu prends le volant et que ta petite lumière
indique le niveau d’essence et l’horloge ; et que les phares

indiquent la route à venir, ton souhait persistant
par-delà le carrefour, la fourche, la station-service de banlieue,
la six-voies fréquentée conçue pour la sécurité.

Par-delà la zone d’influence de ta grande ville,
hors de son corps : circulation, masses obscures,
se trouvent des villes reculées et solides, avec leurs raisons de se battre.

Ces routes t’emmèneront dans ton propre pays.
Choisis les montagnes, remonte les rivières,
franchis les cols. Touche la Virginie-Occidentale où

le Midland Trail quitte le fourneau de la Virginie,
le fer de Clifton Forge, Covington et son fer, descend
dans la vallée prospère, villégiatures, hôtel de craie.

Colonnes et golf ; ville d’eaux ; White Sulphur Springs.
Aéroport. Des visages riches, satisfaits et pâles comptent marquer
l’histoire des salles de bal, la tradition du premier tee.

Les montagnes simples, pures, tachetées de pins sombres
sous le climat capricieux, pluie soudaine du printemps,
rainures de neige, vent sur les contreforts.

Ici la terre est rude, raide, armée contre la neige,
rivières et renouveau. King Coal Hotel, Lookout,
et, dévalant en lacets abrupts, New River Gorge.

La photographe déballe appareil et étui,
scrute la campagne profonde, poursuit la découverte
en étudiant sur du verre dépoli une image inversée.

John Marshall a nommé le rocher (pins pointus, un précipice
qu’il localisa en 1812, et baptisa) Marshall Pillar,
mais plus tard, Hawk’s Nest. Voilà ta route, elle te relie

à ce qu’elle signifie : gorge, rocher, précipice.
Télescopée vers le bas, la rivière dure et verte comme pierre
défile vite, droit vers la ville.

*

The Road

These are roads to take when you think of your country
and interested bring down the maps again,
phoning the statistician, asking the dear friend,

reading the papers with morning inquiry.
Or when you sit at the wheel and your small light
chooses gas gauge and clock; and the headlights

indicate future of road, your wish pursuing
past the junction, the fork, the suburban station,
well-travelled six-lane highway planned for safety.

Past your tall central city’s influence,
outside its body: traffic, penumbral crowds,
are centers removed and strong, fighting for good reason.

These roads will take you into your own country.
Select the mountains, follow rivers back,
travel the passes. Touch West Virginia where

the Midland Trail leaves the Virginia furnace,
iron Clifton Forge, Covington iron, goes down
into the wealthy valley, resorts, the chalk hotel.

Pillars and fairway; spa; White Sulphur Springs.
Airport. Gay blank rich faces wishing to add
history to ballrooms, tradition to the first tee.

The simple mountains, sheer, dark-graded with pine
in the sudden weather, wet outbreak of spring,
crosscut by snow, wind at the hill’s shoulder.

The land is fierce here, steep, braced against snow,
rivers and spring. king coal hotel, Lookout,
and swinging the vicious bend, New River Gorge.

Now the photographer unpacks camera and case,
surveying the deep country, follows discovery
viewing on groundglass an inverted image.

John Marshall named the rock (steep pines, a drop
he reckoned in 1812, called) Marshall’s Pillar,
but later, Hawk’s Nest. Here is your road, tying

you to its meanings: gorge, boulder, precipice.
Telescoped down, the hard and stone-green river
cutting fast and direct into the town.

***

Muriel Rukeyser (1913–1980)The Book of the Dead (publié dans le recueil U.S.1, New York, Covici and Friede, 1938) – Le Livre des morts (Isabelle Sauvage, 2017) – Traduit de l’anglais (américain) par Emmanuelle Pingault.

Fernando Pessoa – Ultimatum

•juillet 9, 2019 • Un commentaire

AVIS d’expulsion à tous les mandarins de l’Europe !
Dehors !
Dehors !

Hors de ma vue que tout cela !
Dehors tout cela ! Du balai !

Vous tous, les chefs d’État, incompétents en vadrouille, baquet d’ordure renversé devant la porte de l’Indigence de notre Époque ! Hors de ma vue que tout cela.

Tout le monde dehors !
Ultimatum à tous, et à tous ceux qui leur ressemblent !

Faillite générale de tout à cause de tous !
Faillite générale de tous à cause de tout !
Faillite des peuples et de leurs destins — faillite absolue !

À présent c’est la guerre, le jeu où l’on pousse d’un côté, où l’on tient la porte de l’autre ! J’étouffe de n’être entouré que de cela !
Laissez-moi respirer !
Ouvrez toutes les fenêtres !
Ouvrez plus de fenêtres que toutes les fenêtres qu’il y a dans le monde.

Laquais ! vous êtes incapables d’avoir une Aspiration, bourgeois du Désir, paumés du comptoir instinctif ! Oui, vous tous qui représentez l’Europe, vous tous les politiciens à l’affiche dans le monde entier, vous les littérateurs, les chefs de file des courants européens, vous qui êtes censés représenter quelque chose pour quelque chose dans ce maelström de thé fade !

Grands-Hommes de Lilliput-Europe, passez sous les fourches caudines de mon Mépris !
Passez donc, vous les ambitieux du luxe quotidien, convoitises des couturières des deux sexes… Passez, vous les plumitifs des courants sociaux, des courants littéraires, des courants artistiques, revers de la médaille de l’impuissance à créer !
Passez, radicaux du Peu, incultes de l’En-Avant qui n’avez que le pilier de l’ignorance pour porter votre audace !
Passez, géants de la fourmilière, imbus comme vous l’êtes de votre personnalité de fils de bourgeois, avec votre rage de grande-vie dérobée dans le garde-manger paternel, et l’inextirpable atavisme de vos nerfs !
Passez, vous les bâtards ; passez, vous les faibles qui ne chantez que la faiblesse, vous les ultra-faibles qui ne chantez que la force, bourgeois ébahis devant l’athlète de foire que vous voulez créer dans votre indécision fébrile !
Passez, fumier épileptoïde sans grandeurs, ordure-hystérie des spectacles, sénilité sociale du concept individuel de jeunesse !
Passez, moisissure du Neuf, marchandise avariée dès le cerveau d’origine !
Passez et n’y revenez plus, bourgeois de l’Europe-Totale, parias qui aspirez à la grandeur ostentatoire, provinciaux de Paris !
Passez décigrammes de l’Ambition, grands à la faveur d’une époque qui mesure la grandeur en centimilligrammes !
Passez, « sensibilités délicates » qui manquez simplement d’épine dorsale, passez constructeurs de conférence et de comptoir, tas de briques qui prétendez ressembler à une maison !
Passez, cérébraux des faubourgs intensifs de coin-de-rue !
Luxe inutile, passez, vaine grandeur à la portée de tous, triomphante mégalomanie du villageois de l’Europe-village ! Vous qui confondez l’humain et le populaire, l’aristocrate et le hobereau ! Vous qui confondez tout, qui trouvez toujours quelque chose à dire quand vous ne pensez à rien ! Passez donc, clarines bouillons et copeaux !
Passez donc, prétendants aux rognures de couronne, lords en sciure, seigneurs féodaux de Châteaux en carton-pâte !
Passez, adeptes de l’hypnotisme domestique, despotes de votre voisine de palier, casernier de la Discipline stérile qui ne coûte rien !
Passez, traditionalistes infatués de vous-mêmes, anarchistes sincères par-dessus le marché, socialistes qui invoquez votre qualité de travailleurs pour vouloir cesser de travailler ! Passez donc, routiniers de la révolution !

Passez, végétariens, teetotalers, calvinistes des autres, kill-joys des surplus de l’impérialisme !

Passez donc ! Passez une fois pour toutes !

Viens jusqu’à mon Dégoût, frotte-toi enfin contre les semelles de mon Dédain, grande finale des imbéciles, conflagration-sarcasme, flambée de fumures, synthèse dynamique du statisme inné de l’Époque !
Traîne-toi et rampe, impuissance à faire du bruit !
Toi les canons, traîne-toi en déclamant ton incapacité d’avoir plus d’ambition que de boulets, et plus d’intelligence que de bombes !

Proclamez bien haut que nul ne se bat pour la Liberté ou pour le Droit ! Tout le monde combat par peur d’autrui ! L’envergure de leurs dirigeants n’a pas un mètre de plus que ces millimètres !
Ordures bellico-fanfaronne ! Latrines européennes de la scission boursouflée des Mêmes ! Qui leur fait confiance ?
Qui fait confiance aux autres ?
Rasez les poilus !
Tonsurez le troupeau tout entier !
Renvoyez-les chez eux éplucher des patates symboliques !
Lavez ce baquet de salmigondis inconscient !
Accrochez une locomotive à cette guerre !
Mettez un beau collier à tout cela et partez l’exhiber en Australie !

Hommes, nations, desseins, tout est nul !
Faillite de tout à cause de tous !
Faillite de tous à cause de tout !
D’une manière complète, totale, intégrale :

Merde !
Merde ! merde ! merde ! Merde ! merde ! merde ! Merde ! merde ! merde !

L’Europe a faim de Création et soif d’Avenir !
L’Europe réclame de grands Poètes, réclame de grands Hommes d’État, réclame de grands Généraux !
Elle réclame le politicien qui construise consciemment les destinées inconscientes du Peuple ! Elle réclame le Poète qui recherche ardemment l’immortalité sans se préoccuper de la renommée qui n’est bonne que pour les actrices et les élixirs de la pharmacopée !
Elle réclame le Général qui combatte pour le Triomphe Constructif et non pour la victoire qui n’est que la défaite des autres !
De tels Politiciens, de tels Poètes, de tels Généraux, l’Europe en réclame à foison !
L’Europe réclame la Grande Idée dont seraient investis ces Homme Forts — l’Idée qui porterait le nom de sa richesse anonyme !
L’Europe réclame l’Intelligence Nouvelle qui serait la forme de sa Matière chaotique !
Elle réclame la Volonté Nouvelle qui dresserait un Édifice avec les pierres-de-hasard de ce qui est aujourd’hui la Vie !
L’Europe réclame des Seigneurs !
Le Monde réclame l’Europe !

1917

***

Fernando Pessoa (1888-1935) Álvaro de Campos, Ultimatum, Portugal Futurista, nº 1. Lisboa: 1917 – Extraits de Ultimatum (Unes,1993) – Traduit du portugais par Michel Chandeigne et Jean-François Viegas.

Margaret Atwood – Voici une photo de moi

•juillet 8, 2019 • Laisser un commentaire

On l’a prise il y a quelque temps.
À première vue, cela ressemble
à une image
embrouillée : mélange de lignes floues
et de taches grises sur le papier ;

puis, en la scrutant,
on voit dans le coin gauche
quelque chose comme une branche d’arbre
(sapin ou épinette) apparaître
et vers la droite, au milieu
d’une pente qui semble douce,
une petite maison de bois.

À l’arrière-plan il y a un lac,
et au loin, quelques basses collines.

(La photo a été prise
le lendemain de ma noyade.

Je suis dans le lac, au centre
de la photo, juste sous la surface.

On ne peut dire où
exactement, ou
évaluer ma taille:
l’eau sur la lumière
crée une distorsion

mais si vous regardez assez longtemps,
éventuellement
vous finirez par me voir.)

*

This Is a Photograph of Me

It was taken some time ago.
At first it seems to be
a smeared
print: blurred lines and grey flecks
blended with the paper;

then, as you scan
it, you see in the left-hand corner
a thing that is like a branch: part of a tree
(balsam or spruce) emerging
and, to the right, halfway up
what ought to be a gentle
slope, a small frame house.

In the background there is a lake,
and beyond that, some low hills.

(The photograph was taken
the day after I drowned.

I am in the lake, in the center
of the picture, just under the surface.

It is difficult to say where
precisely, or to say
how large or small I am:
the effect of water
on light is a distortion

but if you look long enough,
eventually
you will be able to see me.)

***

Margaret Atwood (née à Ottawa, Canada en 1939)The Circle Game (1964) – Le cercle vicieux (Noroît/Prise de Parole, 1999) – Traduit de l’anglais (Canada) par Anik de Repentigny.

René Char – René Mazon

•juillet 7, 2019 • Laisser un commentaire

Le rocher parle par la bouche de René.

Je suis la première pierre de la volonté de Dieu, le rocher ;
L’indigent de son jeu et le moins belliqueux.

Figuier, pénètre-moi :
Mon apparence est un défi, ma profondeur une amitié.

*

René Mazon

René is the mouth-piece for the rock.

I am the cornerstone of God’s will, the rock;
The pauper-pawn in His game and the least bellicose.

Fig tree, penetrate me:
My surface is a challenge, my depth friendship.

***

René Char (1907-1988)Les Matinaux (Gallimard, 1950) – Les Transparents – The Dawn Breakers (Bloodaxe Books, 1992) – Translated by Michael Worton.

Henri Thomas – Mort d’Artaud

•juillet 6, 2019 • Laisser un commentaire

Cette main qui faisait signe contre la vitre,
Va la chercher dans le cimetière d’Ivry,
Et la voix, et la gesticulation du pitre.
(On l’avait entendu chanter durant la nuit.)

Une dernière fois, envoyé d’un bras gourd,
La hache a rebondi sur le bloc d’acajou
D’où ne rugira pas le totem vrai, le clou
Qui reste inarraché dans l’Être pour toujours.

Artaud s’assied, visage en centre dans le vent.
C’est l’aube, où fume encore un dernier campement,
L’âtre noir où se perd la piste du voyage
Du cavalier qui monte en chantant vers l’orage.

Artaud meurt, essayant d’enfiler sa chaussette,
Mais le Thibet retient la main qui se dessèche.
Artaud plein de pavots étouffés dans sa tête,
Artaud dit non, dans son cercueil, aux coups de bêche.

***

Henri Thomas (1912-1993)Poésies (Gallimard, 1970)

Antonin Artaud – Ma colère…

•juillet 5, 2019 • Un commentaire

Ma colère ne changera pas les choses du tout au tout,
si, elle les changera du tout au tout,
ce qui veut dire que j’en viendrai à ce que je ne cesse de regretter de ne pas être :
un homme différemment conformé,
capable de trouver le verbe rétensif, réservé, recoudé, abstensif, affirmatif,
dont toutes mes oeuvres ne sont qu’une recherche avortée.

Le néant c’est le temps,
l’être l’éternité,
plonger dans le néant c’est pulvériser la particule minime jusqu’à ce qu’elle crie de désespoir et d’horreur,
alors l’enfer est constitué.

***

Antonin Artaud (1896-1948)Cahiers du Retour à Paris (26 Mai-Juillet 1946), in Œuvres complètes, XXII (Gallimard)

 
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