George Orwell – Et vive l’aspidistra (Keep the Aspidistra Flying, 1936)

Voici un roman qui m’a enthousiasmé au plus haut point. George Orwell (1903-1950) y décrit les mésaventures de Gordon Comstock, un jeune homme pauvre de trente ans, qui travaille dans une librairie sordide de Londres et passe ses soirées à grelotter dans une chambre louée, s’escrimant à écrire de la poésie. Mais hélas son rêve de vivre de sa poésie ne se réalise pas.
Il est déterminé à rester en dehors du monde de l’argent et des métiers lucratifs, ainsi que des responsabilités familiales et de la sécurité que symbolise l’aspidistra, une plante que l’on retrouve dans tous les foyers britanniques.

Est-ce qu’un emploi rémunérateur vaut que l’on éprouve l’horrible ennui de passer ses journées à quelque chose que l’on déteste ? Gordon Comstock pense que non. Il décline tous les jobs intéressants et toutes les opportunités, parce que cela va contre ses principes. Pour lui, le Dieu argent est l’ennemi à combattre ; pourtant l’argent sera son obsession tout au long du roman.
Au lieu de ça, il choisit de faire un métier mal payé et de vivre dans la misère car il désire vivre de sa plume. S’accrochant à ses idéaux, il refuse obstinément toute aide de ses amis et de sa famille, et de Rosemary, sa petite amie (un personnage hautement attachant) et plonge de plus en plus profondément dans la pauvreté jusqu’au moment où il doit faire un choix crucial, où la question de sa survie est en jeu: exercer un métier qui ne lui plaît pas ? Ou s’arc-bouter sur ses principes et souffrir de la faim?

Le personnage de Gordon Comstock m’a  rappelé un autre anti-héros, celui des Carnets du sous-sol (1864) de Dostoïevski. C’est lui aussi un « loser », un être antipathique et amoureux de sa solitude, un artiste raté, et son but ultime, il le répète souvent, est de vivre sous terre, de vivre dans la boue. Comme quelqu’un qui se réjouirait de tomber au bas de l’échelle sociale. Comme Edgar Allan Poe écrivait dans une nouvelle intitulée « Le démon de la perversité »(1845) : « il n’y a pas dans la nature de passion plus diaboliquement impatiente que celle d’un homme qui, frissonnant sur l’arête d’un précipice, rêve de s’y jeter. »

Ce livre pourrait être déprimant, il est au contraire plein d’esprit et d’humour. Traitant de sujets comme la société capitaliste, la pauvreté, la recherche d’un emploi, ce roman écrit dans les années 30 est terriblement d’actualité.

***

George Orwell (1903-1950)Keep the Aspidistra Flying (1936)Et vive l’Aspidistra ! (10/18, 1999) (Ivrea, 2004) – Traduit de l’anglais par Yvonne Davet.

~ par schabrieres sur mai 26, 2009.

Une Réponse to “George Orwell – Et vive l’aspidistra (Keep the Aspidistra Flying, 1936)”

  1. Il est rarement cité. Comme toi il m’a enthousiasmé

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