Franz Kafka – Renonces-y (Gibs auf, 1922)

Il était très tôt le matin, les rues propres et désertes; je me rendais à la gare. Lorsque je comparai une horloge du beffroi avec ma propre montre, je vis qu’il était bien plus tard que je ne l’avais cru; il fallait vraiment que je me hâte; la terreur qui s’empara de moi à cette découverte me rendit indécis quant au chemin à prendre; je ne me retrouvais pas encore très bien dans cette ville; par chance, un sergent de ville se tenait non loin de là; je courus à lui et, hors d’haleine, lui demandai mon chemin. Il s’enquit, en souriant: « Tu veux que ce soit moi qui t’indique ton chemin? » « Oui, répondis-je, car je suis incapable de le trouver tout seul » « Renonces-y, renonces-y », me dit-il, avant de se retourner d’un bloc, comme font les gens qui veulent être seuls avec leur rire.

***

Franz Kafka (1883-1924)Ecrit en 1922 – Publié dans Description d’un combat (Beschreibung eines Kampfes, 1936) – Traduction de Catherine Billmann

Publicités

~ par schabrieres sur mars 5, 2010.

2 Réponses to “Franz Kafka – Renonces-y (Gibs auf, 1922)”

  1. Interessante il titolo del Blog:
    « la bellezza salverà il mondo »
    potrei aggiungere o un punto d’esclamazione oppure un punto interrogativo…
    Soggettivo nella visione.
    Mi permetto « tracciare » il blog per prossimo articoli.
    Cordialmente, Claudine Giovannoni
    http://claudine2007.splinder.com

    Aimé par 1 personne

  2. potrei aggiungere o un punto d’esclamazione oppure un punto interrogativo…
    Soggettivo nella visione.
    Mi permetto « tracciare » il blog per prossimo articoli.
    Cordialmente, Claudine Giovannoni
    http://claudine2007.splinder.com

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s

 
La Labyrinthèque

Histoire de l'art jouissive & enchantements littéraires

Je pleure sans raison que je pourrais vous dire

« Je pleure sans raison que je pourrais vous dire, c'est comme une peine qui me traverse, il faut bien que quelqu'un pleure, c'est comme si c'était moi. » M. D.

verseando

algunos poemas y otros textos

Traversées, revue littéraire

Poésies, études, nouvelles, chroniques

Le Carnet et les Instants

Revue des Lettres belges francophones

Borntobeanomad

The world is your home.

Manolis

Greek Canadian Author

Littérature portes ouvertes

Littérature contemporaine, poésie française, recherche littéraire...

The Manchester Review

The Manchester Review

poésie : traduction : critique

L'atelier en ligne de Pierre Vinclair

fragm

secousse sismique travaillant l’épaisseur d’une lentille de cristal, cette fin du monde de poche s’exprimait tout entière dans la syllabe fragm, identique de “diaphragme” à “fragment”, comme une paillette pierreuse qu’on retrouve pareille à elle-même dans des roches de structures diverses mais dont les éléments principaux, de l’une à l’autre, demeurent constants (Michel Leiris)

%d blogueurs aiment cette page :