Marina Tsvétaïeva – Les nuits sans celui qu’on aime… (1917)

Marina TsvétaïevaLes nuits sans celui qu’on aime — et les nuits
Avec celui qu’on n’aime pas, et les grandes étoiles
Au-dessus de la tête en feu et les mains
Qui se tendent vers Celui —
Qui n’est pas — qui ne sera jamais,
Qui ne peut être — et celui qui le doit…
Et l’enfant qui pleure le héros
Et le héros qui pleure l’enfant,
Et les grandes montagnes de pierre
Sur la poitrine de celui qui doit — en bas…

Je sais tout ce qui fut, tout ce qui sera,
Je connais ce mystère sourd-muet
Que dans la langue menteuse et noire
Des humains — on appelle la vie.

*

Nights without the beloved – and nights
With the one you don’t love, and huge stars
Above the feverish forehead, and arms,
Stretching up and reaching to Him –
Who wasn’t here for ages – and won’t be,
Who cannot be – and must be….
And the child’s tear for the hero,
And the hero’s tear for the child,
And enormous, rocky mountains
On the chest of the one who must – descend…

I know all that was and all that shall be,
I know the deaf and dumb mystery,
That the uneducated and inarticulate
Language of people calls – Life.

***
Marina Tsvétaïeva (Moscou, Russie 1892-1941) – Traduit du russe par Pierre Léon – Translated by Andrey Kneller

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~ par schabrieres sur août 3, 2015.

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