Roberto Juarroz – Penser est une insistance incompréhensible…

Penser est une insistance incompréhensible,
quelque chose comme allonger le parfum de la rose
ou creuser des trous de lumière
dans un flanc de ténèbres.

Et c’est aussi faire passer quelque chose
dans une manœuvre insensée
d’un bateau imperturbablement coulé
à une navigation sans bateau.

Penser, c’est persister
dans une solitude sans retour.

*

Pensar es una incomprensible insistencia,
algo así como alargar el perfume de la rosa
o perforar agujeros de luz
en un costado de tiniebla.

Y es también trasbordar algo
en insensata maniobra
desde un barco inconmoviblemente hundido
a una navegación sin barco.

Pensar es insistir
en una soledad sin retorno.

***

Roberto Juarroz (1925-1995)Décima poesía vertical (1987) – Poesía vertical: AntologíaDixième poésie verticale (José Corti, 2012) – Traduit de l’espagnol (Argentine) par François-Michel Durazzo.

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~ par schabrieres sur avril 3, 2018.

4 Réponses to “Roberto Juarroz – Penser est une insistance incompréhensible…”

  1. C’est etre en paix.

    Aimé par 1 personne

  2. C’est panser

    Aimé par 1 personne

  3. Quel beau poème !

    Aimé par 1 personne

  4. merci mille fois ! Voici une traduction en allemand :

    Denken ist eine unbegreifliche Beharrlichkeit,
    so etwas, wie den Duft einer Rose zu erweitern
    oder in eine dunkle Seite
    Lichtlöcher zu bohren.

    Und es ist auch, etwas
    in einem törichten Manöver überzusetzen,
    von einem unerschütterlich versunkenen Schiff
    zu einer schifflosen Navigation.

    Denken ist,
    auf eine Einsamkeit ohne Rückkehr zu beharren.

    (Roberto Juarroz ‘Vertikale Poesie. Werkauswahl’, herausgegeben und aus dem argentinischen Spanisch übersetzt von Juana und Tobias Burghardt, Salzburg und Wien: Jung und Jung Verlag 2005.)

    Aimé par 1 personne

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