Emil Botta – La récolte

L’automne a sur mon front saupoudré
un monceau de pensées flétries, cuivrées, rabougries.
Hiver, je t’implore, prends-les,
et sèmes-en d’autres en leur lieu.

Le printemps dans mon verre a versé
un vin source de visions, de cauchemars.
Eté, je t’en prie, viens sans attendre
et reçois-moi sous ton aile ardente.

Ne pleure plus, étoile, ne te lamente plus,
arrête, nuit, de me gronder.
Fais donc justice, cher vieux soleil,
tu m’auras pour frère à tes côtés.

*

Recolta

Toamna mi-a scuturat pe frunte
noian de gânduri veștede, arămii, mărunte.
Iarnă, să le iei te implor,
și să așterni altele în locul lor.

Primăvara mi-a turnat în pahar
un vin dătător de vedenii, de coșmar.
Vară, te rog vino-n pripă
și primește-mă sub arzătoarea-ți aripă.

Nu mai plânge, stea, nu mai jeli,
noapte, nu mă dojeni.
Bădie soare, fă tu dreptate
și-am să-ți fiu frate.

***

Emil Botta (1911-1977)L’aurore me trouvera les bras croisés (Hochroth, Paris, 2013) – Traduit du roumain par Nicolas Cavaillès.

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~ par schabrieres sur décembre 11, 2017.

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