Yannis Ritsos – Poème (1938)

•août 28, 2014 • Poster un commentaire

Yannis RitsosMes chers semblables
comment pouvez-vous
vous courber encore ?
Comment pouvez-vous
ne pas sourire ?
Ouvrez les fenêtres.
Le monde resplendit
infatigable.
Qu’il soit regardé.

***

Yannis Ritsos (Monemvasia, Grèce 1909 – Athènes 1990)Symphonie du printemps (1938) – Traduit du grec par Anne Personnaz

Jean-François Mathé – Poème (2002)

•août 27, 2014 • Poster un commentaire

Jean-François MathéTourné du côté de l’ombre
il prépare les trous pour les étoiles

la lumière abandonnée
comme un chien sans laisse
dort tout l’après-midi

il l’appelle pour monter la garde
autour du soir et de l’angoisse

***

Jean-François Mathé (né en 1950)Le ciel passant (2002)

Mario Luzi – Ce bonheur (Questa felicità, 1957)

•août 27, 2014 • Poster un commentaire

Mario LuziCe bonheur promis ou donné
m’est douleur, douleur sans cause
ou la cause, si elle existe est ce frisson
qui bouleverse le multiple dans l’unique
comme le liquide agité dans la boule
de verre qu’interprète le fakir.
Pourtant je dis : il est sauvé pour aujourd’hui encore.
Tout autour, lui font la guerre des choses
et des images sur lesquelles descend ou se lève
ou la nuit ou la neige
monotone du souvenir.

*

Questa felicità promessa o data
m’è dolore, dolore senza causa
o la causa se esiste è questo brivido
che sommuove il molteplice nell’unico
come il liquido scosso nella sfera
di vetro che interpreta il fachiro.
Eppure dico: salva anche per oggi.
Torno torno le fanno guerra cose
e immagini su cui cala o si leva
o la notte o la neve
uniforme del ricordo.

***

Mario Luzi (Florence, Italie 1914-2005)Honneur du vrai (Onore del vero, 1957) – Traduction de Jean-Yves Masson et Antoine Fongaro

Jan Skácel – Les îles (Ostrovy, 1988)

•août 27, 2014 • Poster un commentaire

Jan SkácelEn mettant la nuit à l’envers
contre notre désir contre notre blessure
sous le ciel étoilé nous déshabillons le noir

Et même si le continent de notre espoir
devait être submergé
et que tout allait disparaître de même qu’un peu de vous

ne désespérons guère

De la mer du temps après nous émergeront
de nouvelles îles pour de nouveaux naufragés.

*

To k vlastní touze svému zranění
naruby obracíme noc
pod hvězdným nebem vysvlékáme tmu

A kdyby se i potopila pevnina
naděje naší
a všechno odešlo a trochu také vy

zoufejme jenom málo

Za námi z moře času vynoří se
pro nové trosečníky nové ostrovy

***

Jan Skácel (Vnorovy, Tchéquie 1922 – Brno 1989)Ce que le vin sait de nous (Kdo pije potmě víno, 1988)

Yannis Ritsos – Poème (1938)

•août 26, 2014 • Poster un commentaire

Yannis RitsosJe quitterai
le blanc sommet enneigé
qui réchauffait d’un sourire nu
mon infini isolement.

Je secouerai de mes épaules
la cendre dorée des astres
comme les moineaux
secouent la neige
de leurs ailes.

Ainsi un homme, simple et intègre
ainsi tout joyeux et innocent
je passerai
sous les acacias en fleurs
de tes caresses
et j’irai becqueter
la vitre rayonnante du printemps.

Je serai l’enfant doux
qui sourit aux choses
et à lui-même
sans réticence ni réserve.

Comme si je n’avais pas connu
les fronts mornes
des crépuscules de l’hiver
les ampoules des maisons vides
et les passants solitaires
sous la lune
d’Août.

***

Yannis Ritsos (Monemvasia, Grèce 1909 – Athènes 1990)Symphonie du printemps (1938) – Traduit du grec par Anne Personnaz

Hélène Dorion – Poème (1995)

•août 25, 2014 • Poster un commentaire

Hélène DorionVient le jour où la vie ressemble enfin à la vie.
Où l’ombre et la lumière jaillissent
du même instant d’éternité
que délivre l’éphémère.

Vient le jour où la joie et le tourment
la grâce et la détresse, l’amour et l’absence
font un.

Vient le jour qui arrête l’attente.

***

Hélène Dorion (née en 1958 à Québec)Sans bord, sans bout du monde (1995)

Lise Mathieu – L’idée du bonheur (2006)

•août 25, 2014 • Poster un commentaire

Lise MathieuSur la colline d’en face
À peine lisibles
Trois vaches bougent
Leurs dos blancs
Dans la simplicité du champ

La nuit va tomber

Un ciel rouge
Un ciel
Difficile à comprendre
Semble dire

Maintenant

***

Lise Mathieu (née en 1943)Le bonheur ne dort que d’un oeil (2006)

 
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