Wisława Szymborska – Allegro ma non troppo

Tu es belle ! dis-je à la vie —
on ne pouvait pas mieux faire,
plus grenouille, plus rossignol,
plus fourmi, plus céréale.

Je courtise ses faveurs,
la regarde au fond des yeux.
Je la salue en premier
avec une mine soumise.

Je lui tourne autour à gauche,
je lui tourne autour à droite,
je me lève d’admiration,
je tombe de ravissement.

Cette fraise est tellement des bois,
ce cheval tellement de mer !
Jamais je ne l’aurais cru
si au monde n’étais venue.

Je ne trouve, dis-je à la vie,
rien à quoi te comparer.
Nul n’a fait pomme de pin
réussie ni plus ni moins.

Quelle largesse, quelle invention,
quelle dégaine, quelle précision,
quoi encore ? qu’adviendra-t-il ?
Sorcellerie, divination.

Surtout ne pas la froisser,
ni fâcher ni déchaîner.
Je flagorne en sourires
depuis des milliers d’années.

Je l’attrape par la feuille :
a-t-elle su ? sa course freiné ?
Un instant, où elle allait,
l’aurait-elle oublié ?

*

Jesteś piękne — mówię Ŝyciu —
bujniej juŜ nie moŜna było,
bardziej Ŝabio i słowiczo,
bardziej mrówczo i nasiennie.

Staram się mu przypodobać,
przypochlebić, patrzeć w oczy.
Zawsze pierwsza mu się kłaniam
z pokornym wyrazem twarzy.

Zabiegam mu drogę z lewej,
zabiegam mu drogę z prawej,
i unoszę się w zachwycie,
i upadam od podziwu.

Jaki polny jest ten konik,
jaka leśna ta jagoda —
nigdy bym nie uwierzyła,
gdybym się nie urodziła!

Nie znajduję — mówię Ŝyciu —
z czym mogłabym cię porównać.
Nikt nie zrobi drugiej szyszki
ani lepszej, ani gorszej.

Chwalę hojność, pomysłowość,
zamaszystość i dokładność,
i co jeszcze — i co dalej —
czarodziejstwo, czarnoksięstwo.

Byle tylko nie urazić,
nie rozgniewać, nie rozpętać.
Od dobrych stu tysiącleci
nadskakuję uśmiechnięta.

Szarpię Ŝycie za brzeg listka:
przystanęło? dosłyszało?
Czy na chwilę, choć raz jeden,
dokąd idzie — zapomniało?

*

Life, you’re beautiful (I say)
you just couldn’t get more fecund,
more befrogged or nightingaily,
more anthillful or sproutspouting.

I’m trying to court life’s favor,
to get into its good graces,
to anticipate its whims.
I’m always the first to bow,

always there where it can see me
with my humble, reverent face,
soaring on the wings of rapture,
falling under waves of wonder.

Oh how grassy is this hopper,
how this berry ripely rasps.
I would never have conceived it
if I weren’t conceived myself!

Life (I say) I’ve no idea
what I could compare you to.
No one else can make a pine cone
and then make the pine cone’s clone.

I praise your inventiveness,
bounty, sweep, exactitude,
sense of order — gifts that border
on witchcraft and wizardry.

I just don’t want to upset you,
tease or anger, vex or rile.
For millennia, I’ve been trying
to appease you with my smile.

I tug at life by its leaf hem:
will it stop for me, just once,
momentarily forgetting
to what end it runs and runs?

***

Wisława Szymborska (1923-2012)Cas où (Wszelki wypadek, 1972) – Je ne sais quelles gens précédé du Discours prononcé devant l’Académie Nobel (Fayard, 1997) – Traduit du polonais par Piotr Kaminski – Nothing Twice: Selected Poems (Wydawnictwo Literackie Krako, 1997) – Translated by Stanisław Barańczak and Clare Cavanagh.

 

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~ par schabrieres sur janvier 13, 2018.

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